Tandis que le site Tréfilerie de l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne est bloqué pour la 8ème semaine consécutive, aucun média national ne semble s’intéresser au sort de ses étudiants. Le mouvement se poursuit donc dans l’indifférence générale et plus les semaines défilent, plus les étudiants désespèrent de pouvoir valider leur année universitaire.
Hier, était organisée une Assemblée Générale. L’ambiance était des plus déplorable et, suite à quelques échanges houleux entre membres de l’UNI et bloqueurs, l’AG a dû être annulée.
Il a été clairement dit par la tribune qu’elle était reportée au lendemain à 12 h 00 et la foule, semble-t-il plus nombreuse que d’habitude, a été évacuée.
Malgré tout, un peu plus tard, une Assemblée composée d’une vingtaine de « bloqueurs » et « non bloqueurs » a été convoquée pour changer la date de l’Assemblée Générale, parce qu'elle aurait été imposée «arbitrairement » par l’administration. Les protagonistes ne se sont (évidemment) pas mis d’accord sur l’échéance, les bloqueurs souhaitant repousser la tenue de l’Assemblée générale et les non bloqueurs souhaitant conserver la date initialement prévue. Le Président de l’Université a quant à lui appelé les étudiants à voter ce 1er avril (sic), promettant le soutien de l’Administration pour l'encadrement du rassemblement. Toutefois, aucune démarche n’a été entreprise par la direction et les étudiants ont dû organiser seuls l’AG. En outre, des « médiateurs » ont tenté d’annuler l’Assemblée pour des « raisons de sécurité » alors qu’aucun débordement n’avait été constaté.
L’Assemblée Générale, qui s’est tout de même tenue, a voté le déblocage à une écrasante majorité. Cependant, elle a été boycottée par les étudiants grévistes qui ont refusé d’en reconnaître le résultat : il s’agirait d’une « fausse AG » car, selon eux, une AG doit être « organisée par les gens qui sont dans la lutte », donc par eux, avec un vote à main levée et sans contrôle de la carte étudiante.
L’inaction du Président de l'UJM de Saint-Etienne et du Préfet face à ce blocage est navrante. L’Université, qui vient de fêter ses 40 ans d’existence, souffre de cet état de fait : ses locaux on été clairement dégradés et, surtout, son sérieux est mis à mal. Quoiqu’en disent les étudiants pro-blocage, la menace du semestre blanc est en train de devenir une réalité. Depuis les partiels de janvier, nous n’avons eu qu’une dizaine d’heures de cours.
Inutile de préciser que beaucoup de mes camarades souhaitent changer de faculté l’année prochaine…
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